Un personnage qui ne parle comme aucun autre, un humour qui décoiffe, des expressions comme vous n’en lirez jamais ailleurs… San-Antonio, c’est plus qu’une série de livres, c’est une façon de voir la vie autrement.
Bérurier, il est comme vous : le travail de l’esprit, c’est pas son fort. Fils de pégreleux, petit-fils de bouseux, arrière-petit-fils de branquignole… Son hérédité craque de partout. Quand il pense, on dirait qu’on met le feu à de la paille humide… Ça produit le même bruit et ça fait autant de fumée.
Le fil à couper le beurre, Frédéric Dard, éd. Fleuve noir, 1955, p. 57-58
Qui est San-Antonio
San-Antonio, c’est le nom du commissaire narrateur d’une série de romans policier, crée par Frédérique Dard. Il a créé son propre style, car personne n’écrit, ne parle comme lui.
C’est un mélange de polar, de comédie, de poésie et de mots inventés bref une plongée dans l’inattendu dans chaque roman.
Si vous cherchez quelque chose de lisse, passez votre chemin, tout le monde aura droit à sa critique, tout est observé à la loupe, décortiqué, critiqué, comparé, argumenté, déchiqueté, caché, recraché, avalé… C’est quelques fois ce que vous lirez, une accumulation de mot pour décrire une scène.
Pourquoi j’adore ce héros ?
- Sa manière de parler
- Lire un San-Antonio, c’est plonger dans l’argot, un peu compliqué au début, mais ça vient très vite et on se surprend à intégrer quelques mots à notre langage avec le temps.
- L’humour
- C’est drôle, souvent corrosif, c’est vraiment un style à part, il arrive également que cela soit touchant.
- L’ambiance
- Les histoires sont bien ancrées dans leur époque, même si on n’a pas vécu ces années, on y croit.
- La ribambelle de personnages
- On ne peut pas parler de San-Antonio sans parler de son fidèle bras droit Bérurier avec sa femme Berthe et son Amant Alfred, Pinaud, Marie-Marie, Félicie (la mère de San-Antonio) bref toute une série de personnages plus drôle les uns que les autres.
Par où commencer si on ne connait pas ?
Si vous voulez découvrir San-Antonio, c’est très simple soit vous choisissez un titre qui vous intrigue :
- Laissez tomber les filles
- Al Capote
- Faites chauffer la colle
- Turlute gratos les jours fériés
- Maman, la dame fait rien qu’à me faire des choses
Ou alors, vous pouvez aussi choisir une couverture :
Moi le premier San-Antonio que j’ai lu, c’était « Faut être logique » :
Vous croyez aux fantômes, vous ? Moi, non plus ! Seulement Béru y croit, lui. Et quand le Gros doute de ses sens, il fait appel à mon bon sens… Faut être logique ! On m’a toujours appris à l’école que la vérité sortait du puits. Eh bien ! moi, j’y suis descendu, dans le puits. Et, en effet, j’ai trouvé la vérité… Elle avait une drôle de bouille !
Ce que San-Antonio m’apporte :
- Le sourire même quand vous êtes au bout de votre vie…
- Retrouver une bande de copains.
- Un langage tellement riche, des images marquantes.
- Bref un bon moment.
San-Antonio, une belle collection
Frédéric Dard a écrit 175 San-Antonio publiés entre 1949 et 2001, à cela, il ne faut pas oublier « Les nouvelles aventures de San-Antonio » écrit par Patrice Dard (fils de Frédéric)
San-Antonio, c’est également une série de films :
- Commissaire San-Antonio ou Sale temps pour les mouches de Guy Lefranc, sorti en 1966. Adapté de Messieurs les hommes (n° 16, 1955). Avec Gérard Barray (San-Antonio), Jean Richard (Béru), Paul Préboist (Pinaud).
- Béru et ces dames de Guy Lefranc, sorti en 1968. Avec Gérard Barray (San-Antonio), Jean Richard (Béru), Paul Préboist (Pinaud).
- San-Antonio ne pense qu’à ça de Joël Séria, sorti en 1981. Avec Philippe Gasté (San-Antonio), Pierre Doris (Béru), Hubert Deschamps (Pinaud).
- San-Antonio de Frédéric Auburtin, sorti en 2004. Avec Gérard Lanvin (San-Antonio), Gérard Depardieu (Béru), Luis Rego(Pinaud).
Ce sont également des bandes dessinées :
- Olé San-Antonio, 1972
- San-Antonio en Écosse, 1972
- San-Antonio fait un tour, 1973
- San-Antonio chez les Grecs, 1973
- Marie-Marie en Tyrannie, 1974
- L’Histoire de France de Marie-Marie, 1974
- San-Antonio Crusoë, 1975
On trouve également des adaptations audio, une pièce de théâtre…
San-Antonio, la chasse aux éditions
Et oui les livres peuvent devenir de vrais objets de collection, surtout les anciens format poche Fleuve Noir / Spécial-Police.
Par exemple :
- 1) “Réglez-lui son compte !” (1949, tout premier / très rare)
- C’est le tout premier souvent cité comme le graal des collectionneurs.
- Prix : environ 600 € et plus selon état/rareté.
- 2) Les tout premiers “Spécial-Police” Fleuve Noir (début des années 50)
- Ce sont les numéros bas de la collection “Spécial-Police” (vraiment recherchés quand c’est une vraie édition ancienne, propre, sans bidouille).
- Exemples connus côté collection : N°11 “Laissez tomber la fille”
- Prix : ça peut aller de 20–30 € (rééditions / état moyen) à 80–150 €+ pour des exemplaires “beaux” et clairement identifiés (numéro/année, bon état).
- 3) Quelques titres “Spécial-Police” années 50 repérés comme “EO/rare”
- Exemple qui revient en annonces :
- N°123 “Les anges se font plumer” (1957) annoncé comme “rare EO”.
- Prix constaté : autour de 50–60 € dans certaines annonces.
- 4) “Les souris ont la peau tendre” (Fleuve Noir, 1951)
- On le voit passer en édition ancienne sur des sites de libraires/marketplaces.
- Prix constatés : ça peut monter très haut selon édition/état (on trouve des annonces à plusieurs centaines d’euros).
Pour finir
J’espère que cet article vous aura donné envie de découvrir l’univers de San-Antonio. On peut accrocher pour l’humour, rester pour le style… Et finir par en collectionner sans rendre compte.
Et si jamais vous avez des San-Antonio qui dorment dans une bibliothèque et que vous cherchez à vous en débarrasser, n’hésitez pas à me contacter : je serai ravi d’en discuter !






